Musik auf CD
Am Abend wird es laut unter’m „Souk“. Zweimal in der Woche trifft sich der gebürtige Marokkaner mit Freunden, um gemeinsam Musik zu machen. Und hier haben sie bereits ihre erste CD aufgenommen. Sie kommen aus vier verschiedenen Nationen und nennen sich „Kifkif“, zu deutsch: „Wir sind alle gleich“. Mit Liedern wie „Bakschisch“ wettern sie gegen Ungerechtigkeit und Korruption.
Mit seinem Souk hat sich Karim Semmar einen Traum erfüllt, - ein kleines „Marokko am Main“.
Bericht: Juliane Hipp
HR-Online.de
Against ‘the cold sun’
Moulana is first of all the expression and the result of a friendship that has grown up between musicians coming from different countries and belonging to rich and varied cultural spaces (Africa, America, Europe, Asia). This friendship took place in Frankfurt am Main and it is there where the project was born

KifKif means in Moroccan Arabic the concept of equality of beings and things or their state (it is the same ..). In this large acceptance, this word implicates also the equality of colours, cultures, languages and religions. And it is on the base of such a premise that the project and group KifKif was realized
KifKif is moreover a critical vision to the contemporary societies. It is a cry against ‘the cold sun’ of injustice, intolerance, corruption, arrogance, carelessness and it is in the same time an appeal for friendship, love and peace. Songs like ‘Le Temps Perdu’, ‘Baqshish’, ‘Bal Wal Fas’ and ‘Inchallah Society’ are examples and a clear manifestation of the spirit, which emanate from the group KifKif
This state of spirit gushes out again with vivacity in the musical and instrumental variations of the 10 songs on the CD Moulana: languages, cultures, and instruments come close together with suppleness and harmony opening other dimensions for the taste of melody, for musical colours and feelings ..
Kif Kif fait un tabac en Allemagne. Composé de jeunes d’origines diverses, dont des marocains, son dernier album, "Moulana", symbolise la parole redonnée aux sans-voix, les émigrés.
“Le musicien peut vous interpréter le rythme qui régit tout espace. Il ne peut cependant vous donner ni l’ouïe qui capte le rythme ni la voix qui fait écho". Karim Semar fait référence à Khalil Jabran, qu’il cite souvent.
Pour le compositeur du groupe Kif Kif, ce poète libanais exprime parfaitement sa vision du monde et une sensibilité sans cesse renouvelée.
Ce groupe, qui fait un tabac en Allemagne au sein de la communauté arabe et maghrébine, est né d’une amitié entre plusieurs personnes de nationalités différentes et d’horizon divers.
Installés à Francfort, les jeunes lurons se sont mis à plusieurs pour réfléchir à un projet musical. Kif Kif exprime dans l’esprit du groupe une notion d’universalité, d’égalité des cultures, des couleurs, des langues et des religions.
Colère

Comme ils aiment à le rappeler, le groupe est également une vision critique des sociétés contemporaines, un sorte de cri contre le soleil froid de l’injustice, de l’intolérance, de l’arrogance et de la corruption.
Leur dernier CD, “Moulana", exprime d’ailleurs à merveille cette colère à peine rentrée, ce cri sourd qui vient du fond du cœur. “Le temps perdu, Baqchich, Inchallah Society, El Bala Wal fas", ce sont des ballades guidées dans le vécu quotidien marocain, la parole redonnée aux sans-voix, à ceux qu’on n’entend jamais, à ceux qui n’ont pas droit à la parole. Les paroles sont sans violence, juste dites dans le langage le plus simple, le plus accessible.
Le Sultan de l’Amour est une réadaptation d’un succès de la chanteuse populaire Hajja Hamadaouia.. Essouira ,Ville mystique, patrie des artistes, est également présente dans cet album par deux chanson gnaouies. Sur la pochette de l’album, on voit un mystérieux et énigmattique personnage, debout face à l’océan, sur les remparts de la Skala d’Essaouira.
Une prestation où le son du oud, aux sonorités d'une grande richesse, se mêle aux percussions gnaouies avec ces lancinantes litanies qui sont le propre des musiques africaines. Le guenbri, instrument à cordes en intestins de chèvre, avec une caisse de résonance carrée faite en peau de chèvre, donne à cette musique un parfum de nostalgie inégalé. Les deux chansons sont un enchantement pour l'auditeur, qui découvre toute la saveur des musiques du sud. Dans une sorte d’hommage à cette petite ville, agréable à vivre, et qui couve en son sein une forte communauté artistique. Il y a également une reprise du Métèque, de Goerge Moustaki, interprétée par Karim Semar avec une sensibilité neuve accentuée par l’introduction des complaintes plaintives de la mandoline.
On ne comprend pas très bien la présence d’une chanson française dans le lot, mais l’auteur a son explication. Pour lui, il s’agit d’abord d’un hommage à un personnage qu’il connaît bien, qu’il a souvent côtoyé et c’est aussi une façon d’exprimer cette universalité pour laquelle il entend militer. “Avec sa gueule de métèque, de juif errant et de pâtre grec" il espère recommencer à rêver. A rêver d’un monde plus juste, d’une communauté d’intérêts qui ne soient pas uniquement matériels.
Il est venu à la musique d’une façon naturelle, il a grandi au sein d'une famille de mélomanes, dans un quartier populaire où les fêtes sont omniprésentes. Pour Semar, toutes les musiques et les influences peuvent subir une relecture, pour insuffler un vent de modernité et une poussée de liberté, sans s'éloigner pour autant de l'esprit. Amoureux de la poésie symbolique, il n'aime pas influencer le public, il espère que sa parole trouve auprès de ce dernier sa propre lecture.
Une manière de repenser sa propre identité culturelle tout en étant ouvert aux autres sons de cloche. Le groupe utilise le chant comme forme d'expression. L'amour impossible, la jeunesse, les quartiers populaires, son pays... bref, des thèmes communs à tous les artistes.

Le personnage n’aime pourtant pas trop qu’on parle de lui. Il considère que ce groupe appartient avant tout à ceux qui prennent la peine de l’écouter.
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Maroc mon amour
بْ الدم ... رجلينا مْسْبطين
بْ السْبَردرا فمَمْنا ملسْقين
عيونا بْ الخيشْ مغمْظين
رْيوسنا بْ الكمامة مغطيّين
السوسَا و الوسْواس و السّياسة
متافقين
الزْرواطا كل نهارْ هي غداتنا
الذفلان و السّبان هو اسْلامْنا
الخوف والإرهاب فْ افياقنا وانعاسنا
تعيش ... تعيش ... الأمية
الناس تسِير تموتْ بلا مَاية بلا غنايّة
صحاب الحال بين نقطةَ و فاصلة فْ الكِفاية
تعيا تعْطيكُم الايامْ فْ حرير وْ كتان مزايا
حقّق فْ المْرايا تشوفْ واش انتا ولا انْتايا
تعيش ... تعيش ... الأمية

Maroc mon amour
De sang ... ,nos pieds sont chaussés
D’adhésif notre bouche est scellée
De jute, nos yeux sont bandés
De muselières, nos têtes sont enveloppées
La nécrose, la hantise et la politique
se sont liguées contre nous
La trique est notre plat de résistance
Les crachats et les injures nos compliments
La peur et le terrorisme sont là,
au réveil et au sommeil
Que Vive Que vive l'illettrisme!
Les gens meurent sans rythme ni mesure ni mélodie
Les sbires sont toujours là
Les jours ont beau vous accorder leur grâce
Regarde toi dans le miroir et vérifies si tu es bien toi
Que vive et vive l'illettrisme !

MOROCCO MY LOVE
Blood …, our feet are wearing
With adhesive our mouth is sealed
With hessian, our eyes are blindfolded
Our heads are muzzled
Necrosis, dread and politics
Joined forces against us
Cudgel is our main course
Spits and abuses our compliments
Fear and terrorism are here
When awake and when sleeping
Long live Long live illiteracy
People die with neither rhythm, measure, nor melody
Torturers are still there
Days however much they grant you their favour
Look at yourself in the mirror and check if you are really yourself
Long live Long live illiteracy
*******
Poussière
Qui peut me protéger et m'éviter la mort
Mon époque a fondu et s'est évaporée
La lassitude m'envahit au fil des années
Je me regarde dans une glace irréfléchie
Mes yeux expriment un regard sournois
Qui peut, pour l'amour de Dieu!, m'étrangler
Dans l'après-midi du vendredi
Les pieds nus, les mains enlacées
Face au mur
Crucifié comme le Christ
Tel une glacière sans fil
Mon chagrin ne s'annonce pas
Ni dans le temps, ni dans l'espace
… S'ils persistent le temps d'une nuit, mes soucis disparaissent
La liberté a cessé d'exister
DUST
Who can protect and save me from death
My time vanished
Weariness overcomes me with the passing years
I look at myself in a careless mirror
My eyes cast a deceitful stare.
Who can, for God’s sake, strangle me
On Friday in the afternoon
Going barefooted, hand-in-hand
Facing the wall
Crucified like the Christ
As a wireless fridge
My sorrow shapes up
Neither in time, nor in space
… Should they last a night’s time, my worries disappear
Freedom exists no more.
الغبرة
شْكون يْحْميني من الموت
زْماني داب ولا دخان
أنا مْليت عام على عام
نْشوف فْ المرايا لي مالها عْقل
عيوني فيهم الدغل
اشْكون يْجيفني لله
الجمعة فْ الخْمسَة دْ العْشيَة
الرجلين عريانين، يّد فْ يّد
قدام الحيط
مصَلب كيف المسيح
ثلاجة بلا خيط
حزني مالُه زْمان لا فْالتاريخ لا
فْالجُغرافية
أنا همي إيْلا باتْ ماتْ، ماتتْ ...
الحُرّية
MAY GOD HELP YOU
Mint tea for us
And radio under canvas
The Saint and his candles
For you, all you wish for,
Both hot and cold
And an austere life,
You are living at the expense of others
Endangered life for us
And douar Lahouna
Thus we have been taught
For you, Management and bright tobacco
Pipe and Maajoune
The ignoramus and the ignored
Oppression for us, the impoverished
And disused careers
On TV, everything’s looking great
Fear, for us
You can see enough
That they fashioned you as they please
Que Dieu vous aide
A nous le thé à la menthe,
Et la radio sous la tente,
Le saint et ses bougies
A vous, rien ne vous échappe
aussi bien le chaud que le froid
vous vivez aux dépens des autres
A nous la vie hypothéquée
et douar des rejetés
ainsi nous ont-ils éduqués
A vous les patronat et le tabac jaune,
La pipe et le maâjoune
l’ignorant et l’ignoré
A nous l’oppression, les démunis
Et les carrières désaffectées
A la télé, tout baigne dans l’huile
A nous, la peur
Tu vois bien
qu’ils t’ont modelé à leur guise
الله يعاون
لنا الشاي بنعناعو
لنا الراديو و قلاعو
لنا السيد و شماعو
لكم الداخلة و الخارجة
لكم الباردة و السخونة
لكم عيشة القمونة
لنا حياة مرهونة
لنا دوار لاحونة
و على هدشي دربونة
لكم البطرون و طباجون
لكم البيبا و المعجون
لكم الجاهل و المجهول
لنا الطغيان و ابنادم عريان
السكنى ف الكاريان …….
و ف الشاشة كلشي مزيان
لنا الخوف
و شتي دابا دارو بيك
ما بغاو
La fille du sultan
Je t'aime, je suis jaloux, je vis et je meurs pour toi
Chaque fois que je pense à toi, je bafouille
Je suis l'ambassadeur des démons
Pétri, brassé et envoûté par ton âme
Ton amour, mêlé à mon sang, circule dans mes veines
Tu es mon point de mire
A tout instant je suis entre tes mains
Ma quiétude et mes rêves,
Sur le toit de l'univers,
attendent ton arrivée
J'ai chanté, ri, pleuré,
La vie a mal tourné et m'oblige à partir
J'ai mûrement réfléchi puis fantasmé
Le jour comme la nuit,
Ton image ne me quitte pas
Abandonné à mon sort,
Sans père ni mère
Endormi, délaissé, affligé, épouvanté,
Oh mon Dieu! Combien je souffre
à la pensée de nous séparer
بنت السلطان
انا نبغيك، آنغير، انْعيش
و آنْموت عليك
كل مرة انفكر فيك يْعْتر لْساني كيف الديك
أنا سفير الجْنونْ مْعْجون و مخْلط و ساكن فيك
حبك فْ دمي، انتِ القبلة، كُل لحظة بين يديك
راحتي و احْلامي فوق اسْطاح الدنيا تساين فيك
غنيتْ، اضحْكت وابكيت، دارت بيا الاحوالْ وامْشيت
بصّرْت وانجمت صباحْ و ليل مع صُورْتك بقيت
وحداني يتيم بالريق المجدوب انقلب ما شْكيت
نايم مهجور مغموم و مرعُوبْ
و الله بيك ما اسْخيت
SULTAN’S DAUGHTER
I have a burning desire
And my heart is on fire
I live and die for you
Each time I think of you, my tongue starts talking
In frenzied imagination.
I am the devil’s advocate
Filled, tossed and bewitched by your soul
Your love, mixed with my blood, runs in my veins
You are my target
Each time I am yours
My peace of mind and my dreams,
On the roof of the universe,
Are awaiting your arrival
I sang, laughed and cried,
Life has gone badly and forces me to leave
I thought over very carefully then I fantasized
Both night and day
Your image does not go off
I am left to my fate,
With neither father nor mother
Asleep, abandoned, afflicted, terrified,
My God! How much I suffer
To the idea of separation.
C’est plus fort que moi
Le même vice nous obsède
Là où nous soyons, chaque jour, il nous atteint
Je me sépare d'une femme pour prendre une autre
Au dehors, je cours le jupon
D'une femme qui traîne à l'extérieur
Chaque fois que je lance un regard,
Je m’emporte
De-ci de-là
Sa silhouette est telle une lumière rayonnante
J’ai pu connaître des choses et des choses, la nuit comme le jour
Mon obsession est persistante
Les soucis sont des travers qui nous absorbent
Et nous saisissent là où ils veulent
اللي فيا ما هناني
الهم عيبي و عيبك
كل نهار فين يصيبك
نطلق امراة و نشد اخرى
امراة القدام تبعها برى
امراة اللور ف الشارع تدور
فين ما سرحت عيني نفور
تحتي فوقي خيالها نور
ليلي و نهاري وراتني امور
واللي فيا ما هناني
الهم عيبي و عيبك
كل نهار فين يصيبك
IT’S STRONGER THAN I
The same vice haunts us
Wherever we go, everyday, it reaches us
I leave a woman to take another
Outside, I chase a woman
Who is hanging about
Each time I glare
I lose my temper
Here and there
Her figure is such a shining light
I could know many things, night and day
My obsession is persistent
Worries are foibles that absorb us
And grip us where they want